Le 27 septembre dernier, le GIEC a rendu le premier volume de son cinquième rapport. Il s’agit des conclusions du premier groupe de travail, qui est en charge de la « science du climat ». Deux autres rapports vont suivre, prévus à la publication en mars et avril prochains, fruit des efforts des groupes de travail 2 et 3 de l’organisme, relatifs respectivement aux « impacts, vulnérabilités et adaptation » et à « l’atténuation », c’est-à-dire aux manières de réduire les effets négatifs des changements climatiques.

Rappelons quelques éléments de base du problème, car bien que simples à comprendre ils sont souvent noyés dans des détails insignifiants et erronés véhiculés par les climatosceptiques, qui se donnent l’air de dénoncer un complot contre « la science » . Notre planète est éclairée par une étoile, le Soleil, dont les rayons traversent l’atmosphère. L’essentiel de cette énergie est véhiculée dans une longueur d’onde qui est visible à l’œil nu ; c’est pour cette raison qu’il fait clair le jour, et noir la nuit. Quand les rayons et l’énergie qu’ils contiennent atteignent la surface terrestre, celle-ci les absorbe en partie, et les renvoie sous une forme infrarouge, qui cette fois n’est plus visible. C’est pour cette raison que la nuit reste noire l’été, même si le macadam ou les rochers ont été abondamment chauffés par le soleil, et qu’ils renvoient cette énergie dans l’espace en se refroidissant.

Face à ce flux d’énergie, qui passe du visible dans l’invisible, l’atmosphère présente un comportement asymétrique. Elle est constituée de divers gaz dont les principaux sont l’azote (78,1%) et l’oxygène (20,9%), qui sont totalement transparents au rayonnement visible. Le flux solaire les traverse sans être ralenti ni réfléchi. Par contre parmi les un peu moins de 1 % restants, on trouve divers gaz parmi lesquels des gaz dits « à effet de serre ». Ceux-ci ont une propriété remarquable : ils sont partiellement opaques au rayonnement infrarouge. Quand l’énergie absorbée par le sol cherche à repartir dans l’espace, notamment la luit, ces gaz agissent de manière analogue à une couverture : ils ne produisent pas de chaleur, mais ils ralentissent la dispersion de l’énergie qui est émise. C’est pour cette raison qu’une couverture nous maintient au chaud.

Les gaz à effet de serre sont principalement d’origine naturelle. Le principal gaz à effet de serre est la vapeur d’eau, qui représente autour de 55 % du réchauffement moyen. Viennent ensuite les nuages. C’est aussi de la vapeur d’eau mais sous une forme particulière qui par son opacité a un effet généralement considéré comme distinct. Et enfin les gaz dont on parle tant, principalement le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4). Ensemble, ces gaz provoquent une élévation de la température terrestre moyenne de 33°C, qui est indispensable à la vie sur Terre, car sans cela la température moyenne du globe serait de -18°C. L’eau ne serait pas présente sous forme liquide or aucune forme de vie connue ne peut se passer de cette caractéristique. Autrement dit, une quantité très faible de gaz dans l’atmosphère, moins de 1 % en proportion, suffit à provoquer naturellement une hausse massive des températures, que nul ne conteste.

L’effet de serre est donc vital, ce n’est pas son existence qui est en cause avec la question des « changements climatiques ». Il est un phénomène naturel, provoqué par des causes naturelles. Des causes dans lesquelles la biosphère intervient massivement. L’effet de serre n’est pas provoqué par des gaz qui résideraient de manière stable dans l’atmosphère. Il est activement entretenu par l’activité vivante. La biosphère émet chaque année autour de 150 milliards de tonnes de carbone, qu’elle réabsorbe ensuite, entretenant l’équilibre chimique de l’atmosphère. Cet équilibre n’existe pas de toute éternité. Les concentrations de gaz à effet de serre étaient par exemple beaucoup plus élevées à l’époque des dinosaures, et encore beaucoup plus au début de la vie sur Terre. A l’inverse elles étaient plus basses lors des glaciations. C’est sans beaucoup de surprise que le taux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère varie avec la température terrestre. Il n’est pas le seul facteur, bien sûr. L’activité solaire est aussi un facteur variable dans le temps. Mais c’est un facteur de première ampleur.

Le problème avec le changement climatique, qui fait que c’est devenu un problème (géo)politique, vient de ce que les gaz à effet de serre d’origine humaine s’ajoutent à ceux qui sont déjà présents naturellement, d’où une hausse des concentrations dans l’atmosphère. Les gaz visés sont principalement le CO2 et le CH4, à quoi s’ajoutent divers gaz émis en plus faible quantité. Si la vapeur d’eau est rarement mentionnée, c’est tout simplement parce que l’activité humaine n’a pas d’effet perceptible sur sa concentration dans l’atmosphère. En revanche les sources de carbone sont bien identifiées : ce sont les combustibles fossiles qui étaient jusque-là emprisonnés sous terre, et les diverses activités qui ont en commun de détruire des végétaux, ce qui conduit à relâcher le carbone qu’ils contiennent. Les contributions humaines sont faibles, relativement aux quantités naturelles : de l’ordre de 7 milliards de tonnes par an. Mais ce qui est décisif est qu’elles ne sont pas entièrement réabsorbées par la biosphère. Seulement la moitié l’est. Le reste va donc s’accumuler dans l’atmosphère, d’où une hausse des concentrations. Nous étions à 0,3 % de CO2 dans l’atmosphère en 1850, nous sommes à 0,4 % aujourd’hui : près de +40 %.

Quelles sont les conséquences ? C’est toute la question. Et aucune discipline scientifique ne peut à elle seule répondre à la question. Le système climatique est très complexe, il est fait de multiples causalités et déterminismes. Les conséquences de changements climatiques sont sociales, économiques, politiques, écologiques etc. La question posée n’est pas seulement scientifique. C’est un problème politique, car se pose la question de savoir quel est le risque que courent les sociétés en continuant à émettre des gaz à effet de serre. Ce qui est décisif est de savoir quels sont les risques encourus. Il ne suffit pas de savoir que les gaz à effet de serre augmentent la température moyenne de la Terre, il faut aussi essayer de savoir ce qui se produirait si la concentration en gaz à effet de serre dans l’atmosphère venait à doubler ou à tripler, par rapport aux niveaux pré-industriels. C’est une partie du travail fait par le premier groupe de travail du GIEC, au moyen de puissants ordinateurs qui tentent de simuler la réaction de la planète sous l’effet d’une injonction massive de gaz à effet de serre. Ces modèles sont assurément critiquables, et ils doivent être critiqués. Néanmoins ce qu’ils indiquent ne peut pas être totalement récusé en doute, dès lors qu’ils sont l’un des moyens les plus efficaces pour agréger les multiples variables qui sont à l’œuvre dans le changement climatique.

Une objection couramment avancée par les sceptiques est que nous n’avons pas de certitude sur les effets d’une injonction massive de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. C’est vrai mais on ne peut en déduire que nous pouvons continuer ainsi. Une telle attitude occulte l’inertie du problème, et l’irréversibilité qui en découle. Les gaz à effet de serre restent en effet dans l’atmosphère entre 15 ans pour le méthane et plusieurs milliers d’années pour les gaz chlorés, le dioxyde de carbone attendant pour sa part 150 ans en moyenne avant d’être absorbé. Or la machine à pomper les gaz à effet de serre n’existe pas. S’engager dans une voie fortement émettrice est une décision sur laquelle nous ne pourrons pas revenir, une fois qu’elle aura été mise en œuvre. Attendre de constater les effets du changement climatique, c’est accepter de prendre le risque de bouleverser de manière irréversible la stabilité climatique. Cette décision n’est pas la seule possible, ni même la plus raisonnable. Au moins peut-on comprendre que ce n’est pas seulement de science qu’il s’agit.

Travaillant sur un sujet très sensible, le GIEC a souvent été critiqué. Le philosophe français libéral Luc Ferry l’a par exemple récemment décrit comme étant constitué de patrons d’associations écologistes . Des scientifiques ont pris la parole sur la place publique pour expliquer que le GIEC serait dans l’erreur, qu’il aurait négligé tel ou tel aspect de la régulation climatique, aspect qui expliquerait le réchauffement que personne ne conteste désormais. Ces critiques doivent être remises dans le contexte qui est celui du problème climatique. Le GIEC n’est pas un organisme scientifique à proprement parler, au sens où il ne publie pas dans des revues scientifiques comme le ferait un institut tel que le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) en France. C’est un organe expert, qui a été créé conjointement par plusieurs agences de l’Organisation des Nations-Unies, en 1988. Sa mission est de « d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. Ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue » .

Bien que son nom ne le mentionne pas, le GIEC est donc un organisme d’expertise. Or les critères qui président à l’évaluation de la qualité d’une expertise sont très différentes de ceux qui sont mobilisés dans le cas d’une recherche scientifique. Cette dernière est évaluée par les pairs, des membres issus d’une même communauté épistémique, qui attestent de ce que les connaissances produites par un.e chercheur.e respectent bien les normes en vigueur dans la discipline ou le domaine dans lequel il ou elle voir ses résultats publiés. Et comme la science est toujours en évolution, ce qui est tenu pour acceptable à un moment se trouve remis en cause plus tard, au moyen de nouvelles connaissances qui affinent ou même remettent complètement en cause ce qui était jusque-là tenu pour être une connaissance fiable. A rebours de ce processus, qui peut n’avoir avec les problèmes politiques et sociaux qu’un lien apparemment très distendu, les scientifiques travaillant au rythme qui leur convient, l’expertise est mobilisée pour répondre à une question et un enjeu posé par la société et le plus souvent par les autorités. L’analogie avec ce qui se passe dans un tribunal peut éclairer le propos. Lorsqu’il est convoqué dans un procès pour attester de la responsabilité d’un accusé, on ne demande pas à un expert en psychiatrie d’instruire la Cour et le jury de toutes les connaissances jugées acquises par son domaine, et de tous les endroits encore incertains et demandant des recherches complémentaires. On lui demande, compte-tenu des connaissances qui sont disponibles, avec tous leurs apports mais aussi toutes leurs lacunes, de donner son avis, ici et maintenant, car un jugement va être rendu et il ne peut pas attendre. C’est la même chose avec le GIEC. Dans les années 80 les États se sont rendus compte que le problème était très complexe et qu’aucune discipline scientifique ne pouvait à elle seule le couvrir de manière exhaustive. Les changements climatiques impliquent des questions économiques, sociologiques, climatiques, géologiques et bien d’autres encore, qui comportent bien des variables et des incertitudes. Il a donc fallu mettre sur pied un organisme dédié à cette lourde tâche de tenir compte de tout ce qui peut éclairer un aspect ou un autre du problème.

La qualité d’un organisme expert ne s’évalue pas en fonction de la qualité de ses résultats scientifiques, puisqu’il n’en a pas. La situation est exactement la même que dans d’autres domaines que l’alimentation, la santé ou la sécurité routière. La qualité de l’expertise dépend de la procédure d’expertise, sous plusieurs aspects, en particulier le pluralisme des disciplines et des intérêts représentés. Si l’expert en psychiatrie, pour reprendre l’exemple pris plus haut, ne tient pas compte de certaines données, ou qu’il est un ami de l’accusé, ou inversement des victimes, il peut être récusé. C’est la même chose au sein du GIEC.

Aux débuts du GIEC, les pays en développement se sont indignés d’être si peu représentés, et que l’on ne parle pas beaucoup des impacts différenciés des changements climatiques, ni des responsabilités inégales. Les spécialistes du climat et des sciences de la nature, qui dominent le premier groupe de travail, faisaient implicitement comme si les émissions de gaz à effet de serre étaient d’origine « humaine », en général. Pour les pays en développement il était important de préciser qu’elles étaient en grande partie d’origine étasuniennes ou européennes, autrement dit que « l’humanité » n’était pas responsable de la même manière devant le problème. Avec le temps deux autres groupes de travail ont été créés, sur les impacts et les moyens d’y faire face, et sur les mesures permettant d’atténuer le changement climatique, c’est-à-dire soit réduire les gaz à effet de serre soit accroître les divers moyens de les absorber. La nomination de l’actuel président du GIEC, R.K. Pachauri, un scientifique indien, intervient dans ce souci de rééquilibrage, au profit des pays en développement, qui n’ont parfois tout simplement pas les moyens de « se payer » les scientifiques dans les disciplines requises pour participer aux travaux, et sont donc contraints à la politique de la chaise vide.

De l’examen du processus mis en place au sein du GIEC nous pouvons estimer que les résultats produits ont toutes chances d’être aussi peu alarmistes que possible. Les rapports reflètent les opinions les plus modérées, car le poids des pays riches demeure important, et ceux-ci, étant les premiers responsables du problème, n’ont pas envie de se voir trop pointer du doigt. A l’inverse l’examen des arguments de ceux qui sont souvent qualifiés de « climatosceptiques » peuvent être facilement battus en brèche. Leur profil sociologique est divers. Ils peuvent être des scientifiques à la solde des compagnies qui ont intérêt à discréditer le GIEC, comme cela a été le cas avec les industries du tabac ou de l’amiante, qui ont entretenu le doute pendant des décennies car cela permettait de ne pas nuire aux affaires. Ils peuvent aussi être des naïfs qui confondent science et expertise, et croient que l’expertise qu’ils possèdent dans un domaine très étroit, par exemple la climatologie, ou l’économie, suffit à tirer des conclusions concernant les politiques publiques qui sont à mettre en œuvre. Ce sont aussi des personnes qui sont dans le déni ou qui, comme George Bush, ne veulent pas remettre en cause leur mode de vie. Les avis de ces personnes ne représentent qu’elles-mêmes, elles ne peuvent prétendre avoir un poids plus important que l’avis d’un autre citoyen. La dimension représentative du GIEC (tous les pays, toutes les disciplines) a précisément pour vocation de réduire ce biais-là. Régulièrement, cependant, les sceptiques pensent réussir à mettre en évidence une faiblesse, qui éviterait d’avoir à se poser le problème du changement climatique. Le GIEC aurait « oublié » l’activité solaire, par exemple, sous prétexte que quelques scientifiques estiment qu’elle est plus importante que ce que ne laisse penser la littérature. Ils présentent de manière mensongère leur propre position pour celle qui ferait consensus dans « la science ». Le GIEC ferait des approximations et ne serait donc pas fiable. Le souci est que toute science procède par approximations et interprétation… Les ficelles sont souvent très grosses mais elles sont affirmées avec aplomb et une blouse blanche, ce qui les crédibilise, et elles répondent à un désir bien humain : que le problème n’existe pas, et que l’on puisse tranquillement continuer à utiliser les énergies fossiles, qui sont si commodes.

Les conclusions du premier groupe de travail du GIEC qui ont été présentés le 27 septembre dernier viennent de nouveau confirmer les résultats antérieurs. Le taux de CO2 est 40 % plus élevé qu’en 1850, se situant au niveau le plus élevé jamais observé depuis 800 000 ans. En conséquence l’acidité de l’océan a augmenté, puisqu’elle dépend du taux de CO2 (plus le CO2 est élevé plus l’océan en absorbe sous une forme dissoute). L’ennui est que plus l’océan est acide, moins il est propice à la vie, qui est un très grand « puits » de carbone (les végétaux absorbent le CO2). La température moyenne mondiale a augmenté d’un peu plus d’un demi-degré, depuis 1850, alors que nous sommes dans une période « chaude », entre deux glaciations, et que dans un avenir assez lointain, disons plusieurs dizaines de milliers d’années, nous devrions en conséquence nous diriger vers un refroidissement. La chaleur en excès a été stockée à 90 % dans l’océan, qui s’est réchauffé de 0,45°C, dans les 75 premiers mètres. L’influence de l’activité solaire, souvent mise en avant par les sceptiques, est prise en compte mais est estimée seconde, devant les gaz à effet de serre d’origine « anthropique », c’est-à-dire humaine. Parmi les différentes variables influençant la température du climat, seul l’effet des aérosols (« poussières » en suspension dans l’atmosphère) est jugé très incertain, avec toutefois une certitude : ils contribuent à refroidir et non à réchauffer la planète, cela dans une proportion qui ne remet pas en cause la contribution des gaz à effet de serre. La glace fond partout, en moyenne, dans les montagnes et aux pôles, de 1 à 4 % par décennie, ce qui combiné à la dilatation des océans donne une élévation du niveau d’environ 20 cm. Bref tous les indicateurs disponibles vont dans le même sens. « Human influence on the climate system is clear. This is evident from the increasing greenhouse gas concentrations in the atmosphere, positive radiative forcing, observed warming, and understanding of the climate system. » et « It is extremely likely that human influence has been the dominant cause of the observed warming since the mid-20th century ».

Le rapport propose ensuite plusieurs scénarios, dits « representative concentration pathways » (RCP) que l’on peut traduire librement par « chemins représentatifs de concentration ». Ce sont des évolutions possibles de notre monde, qui sont jugés cohérents et consistants, mais également probables. Ils sont au nombre de quatre. Les deux plus extrêmes envisagent un réchauffement maximal de 2,6°C et de 8,5°C. Seul le premier permet de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement d’ici 2100, cible considérée comme étant la seule à être « sûre », selon les engagements de l’Union Européenne. Au-delà, le réchauffement serait tel que l’objectif de la Convention-cadre sur les changements climatiques ne serait pas atteint. Par cette convention l’ensemble des Etats de la planète se sont engagés à réduire leurs émissions de manière à ce que le système climatique ne soit pas déstabilisé .

Énumérons quelques-unes des conséquences à attendre : intensification du phénomène « El Nino » qui provoque déjà des destructions considérables sur la face ouest de l’Amérique du Sud ; affaiblissement des moussons dont l’Asie du Sud-Est dépend pour sa survie ; accroissement très probable des pluies extrêmes aux moyennes latitudes, ce qui se traduit notamment par l’augmentation de la fréquence et de la force des cyclones dans l’Atlantique Nord, renforcés par l’augmentation de la température moyenne de la surface des océans ; affaiblissement progressif du grand courant océanique global, qui comprend notamment le Gulf Stream, qui réchauffe l’Europe ; fonte quasi totale de l’Antarctique et de toute la glace existante, dans le scénario à 8,5°C, expliquant en partie la hausse du niveau des mers qui irait jusqu’à 7 mètres, en l’an 2200 ou 2300. Les cartes montrent en outre que les changements sont très variables d’une zone à l’autre du monde.

A ces effets progressifs mais non dénués de brutalité à l’échelle locale s’ajoute la possibilité de ruptures violentes et irréversibles à l’échelle du climat global. Les causes peuvent être : la fonte des glaces de méthane (« clathrates ») présentes dans les océans, notamment dans le Triangle des Bermudes, qui pourraient accélérer le réchauffement puisque c’est un puissant gaz à effet de serre ; l’arrêt du courant océanique global ; la mort subite des forêts tropicales ou des forêts boréales, en raison d’un changement trop rapide du climat ; la disparition totale de la banquise en Arctique ; et des périodes de sécheresse de longue durée. Des phénomènes sont susceptibles d’aggraver la situation, sans pour autant être brutaux, comme le dégel du permafrost sibérien, riche de méthane.

La question du climat est à n’en pas douter l’une des grandes affaires du 21ème siècle. Il met en cause le mode de vie des pays « développé », et interdit qu’il soit pris pour un modèle par le reste du monde. Les pays industrialisés doivent donc très rapidement se mettre sur une autre voie, avec les pays en développement. Surdéveloppement et sous-développement de l’autre, aucune de ces deux voies ne conduit à ce que l’on appelle parfois en Amérique latine le buen vivir.

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1Par exemple, voir la mise en scène faite dans cette vidéo http://blnnews.com/2013/07/20/the-global-warming-hoax-explained-for-dummies/ . Le « naïf écolo », aux couleurs de l’arc-en-ciel, est instruit par un « sceptique » qui avance sans cesse l’expression « according to », comme s’il était seul détenteur de la vraie science, alors que son explication est truffée de biais évidents, comme on peut s’en rendre compte en regardant cette vidéo après avoir lu cet article.
2http://www.lefigaro.fr/debats/2008/07/08/01005-20080708ARTFIG00008-kosciusko-morizet-ferry-quelle-ecologie-pour-aujourd-hui-.php
3http://www.ipcc.ch
4http://unfccc.int