De la paix à la solidarité. Penser le « commun » en Europe et en Colombie

on Viernes, 05 Julio 2013. Posted in Artículos, Matthieu de Nanteuil, Proceso de paz

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Matthieu de Nanteuil
Fuente: www.elespectador.com

La Colombie est entrée dans une démarche visant à mettre en place les conditions d’une cessation définitive de la violence armée, qui a endeuillé le pays depuis près d’un demi-siècle.  Le vocable officiel est celui de « processus de paix ». Celui-ci réunit les « acteurs armés » (gouvernement et FARC). Mais que signifie « la paix » ?  Peut-on penser la paix sans réfléchir à la société à qui elle est destinée ?

Dans le même temps, on peut dire que l’Union européenne est le fruit d’un long processus de construction institutionnelle, qui tire ses origines de « la paix entre les ennemis d’hier » (tout particulièrement la France et Allemagne). La paix est là, c’est indéniable. Il est hautement improbable, pour ne pas dire socialement et culturellement impossible, que ces pays entrent en guerre l’un contre dans le siècle qui vient. Mais l’Europe s’est relevée parce que sa conception de la paix intégrait une vision forte de la solidarité. Aujourd’hui, la solidarité se perd : entre les Etat membres, comme au sein de chaque Etat membre. L’UE peut-elle survivre à l’existence d’une société sans solidarité ?

Plus largement, est-il possible de penser ensemble ces deux processus ? Peut-on revenir à la Colombie après avoir procédé à une analyse critique de la situation européenne ? Qu’est-ce qu’implique de penser la paix avec la solidarité ?

Qu’est-ce que la paix ?

« La constitution républicaine offre la perspective de la conséquence souhaitée, à savoir la paix perpétuelle ». Dans un texte fondateur (Vers la paix perpétuelle, 2006 [1796], p. 85), Kant rappelle que la paix n’existe pas en soi. Elle suppose une pratique politique, la république, qui « est la forme publique des pratiques, l’entrée dans le public […] des actions humaines » (Proust, 1991, p. 18). Cette phrase annonce Hannah Arendt, pour qui l’espace public est l’espace de l’apparaître, le mouvement qui permet la mise à jour des singularités et fonde la loi de la pluralité (Arendt, 1961). La république, c’est l’organisation politique qui permet la coexistence publique des uns et des autres. La paix en dépend directement.

Pour être effective, la paix doit donc s’enraciner dans une pratique politique. Une pratique qui repose sur des droits inconditionnels, c’est-à-dire sur une justice civile capable de les rappeler, de les défendre, de les actualiser. La justice transitionnelle décrit la forme que prend cette exigence de justice dans des pays marqués par des crimes de masse (Valencia Villa, 2003 ; Andrieu, 2012). Mais la paix ne s’arrête pas là. Kant ne pouvait voir que cette politique, la république, devait également disposer d’une base sociale, d’un socle de relations capables de socialiser les êtres humains pour ne pas que ceux-ci tombent dans la division, le conflit, la guerre de chacun contre chacun. Il faudra attendre Durkheim pour que cette question commence à trouver une réponse. Le problème fondamental de la modernité, dira Durkheim,  c’est la division sociale. Cette division génère et menace la solidarité : elle crée des interdépendances, mais peut aussi créer des cassures. Elle appelle un nouveau type de solidarité, la solidarité instituée.

Le déplacement intellectuel que permet Durkheim est essentiel, car il contribue à l’émergence d’une nouvelle infrastructure éthique. Kant, le père de la raison pratique, avait précisé ce qu’était l’éthique de la politique : le droit et, plus précisément, « le droit d’avoir des droits », pour reprendre là encore une expression d’Arendt. La justice civile est l’émanation directe de cette révolution kantienne de la politique. Elle est néanmoins insuffisante, car elle peut s’accompagner de profondes inégalités, matérielles et culturelles. Elle doit être complétée par une éthique de la société. C’est là l’apport majeur de Durkheim : à l’époque moderne, la société doit être le foyer d’une conscience morale face au risque de la division.  La solidarité est le nom de cette éthique sociale, dans laquelle la paix puise sa raison d’être.

La solidarité suppose une politique de redistribution mais, plus profondément encore, une capacité à créer des liens quand tout invite au repli sur soi. Pour Durkheim, ces liens ne peuvent jamais se réduire à un pur calcul d’intérêt. Quand il est érigé en norme général, le calcul d’intérêt fabrique l’indifférence et la division.   Le lien social, c’est la capacité à penser et à agir ensemble, à de multiples niveaux. C’est surtout l’idée qu’il est possible de se définir soi-même au-delà de ses intérêts, mais aussi de ses rôles, de son groupe d’appartenance, de son domaine de savoir, de son quant-à-soi, etc. Bref, c’est la capacité à faire émerger une conscience non-fragmentaire, un soi au-delà de soi (Morin, 1999).

Néanmoins, ni Durkheim, ni même Weber, n’avaient imaginé que cette question puisse se jouer entre les Nations. Pour eux, il s’agissait de stabiliser les relations entre les Nations pour créer la solidarité au sein de chaque pays, de chaque société. On peut reprendre cette question et voir s’il est possible de l’élever à l’échelle supra-nationale. Ce sera l’expérience fondatrice de la Communauté européenne, puis de l’Union européenne. Mais celle-ci n’est-elle pas arrivée à un point limite ?

Parallèlement, on ne doit pas oublier que, à l’échelle de chaque pays, la paix n’a aucun sens si elle ne s’enracine pas dans l’expérience de la solidarité, dans la formation d’une conscience non-fragmentaire. La fragmentation a une longue histoire en Colombie : le conflit armé est à la fois le résultat d’une fragmentation plus ancienne, et la cause d’une fragmentation constamment renouvelée. Le processus de paix enclenché à La Havane permettra-il de dépasser cette situation ?

De l’Europe à l’Union européenne

On ne dit pas assez que la reconstruction de la paix en Europe ne fut pas seulement le produit de la cessation des hostilités. Brisées par deux conflits mondiaux, les sociétés européennes n’auraient jamais dû demeurer à l’abri d’un retour de la violence si elles n’avaient pas saisi combien la paix supposaient l’institution de la solidarité. C’est la naissance du pacte social de l’après-guerre qui va permettre d’installer la paix dans la durée.

En France, le projet de sécurité sociale est inscrit dans le programme du Conseil National de la Résistance (CNR) : appliqué dès 1945, il va constituer l’armature sociale des décennies suivantes, capable de faire face à de très nombreux conflits (conflit sociaux, mais aussi conflits identitaires dans le contexte de la décolonisation). En Allemagne, le « miracle allemand » va trouver dans la reconstruction du parti social-démocrate une base essentielle, non seulement pour stabiliser le pays en partageant les fruits de la croissance, mais aussi pour engager le travail critique sur la culpabilité. Là plus qu’ailleurs, l’engagement dans la paix est allé de pair avec l’émergence d’une nouvelle conscience de soi, qui a permis de comprendre à quel point la violence de masse fut le fruit d’une idéologie radicale de repli sur soi, elle-même relayée par l’antisémitisme d’Etat et la bureaucratisation du crime (Bauman, 2008).

La Communauté européenne, puis l’Union européenne, furent le prolongement de cet immense travail engagé par les sociétés en guerre. Mais la globalisation néolibérale est passée par là…  

Dans une Union de plus en plus large – avec la Croatie, l’UE compte aujourd’hui 28 membres –, qui a privilégié la concurrence sur les services publics tout en inventant une bureaucratie à trois piliers (Conseil, Commission, Parlement), la fragmentation est de retour . A partir de 1992, l’Union européenne considère que le seul moteur de l’unité est la monnaie, assise sur une politique économique de contrôle des dépenses publiques sans gouvernement commun. Le ver est dans le fruit : les systèmes sociaux et les économies nationales sont en concurrence, les relents d’idéologie raciale refont surface et le nationalisme prospère. C’est exactement contraire à ce que Durkheim disait de la solidarité. Avec le recul, la tragédie grecque est déjà en marche.

Nous en sommes là aujourd’hui : l’Europe a fait la paix, a voulu donner à la paix une base solidaire, mais a fini par abandonner cet objectif. Elle est à nouveau menacée par la fragmentation. La contraction massive des dépenses publiques se fait sans que l’Union soit en mesure d’interroger sa politique de concurrence, qui s’est développée au détriment d’une politique industrielle commune, et a prospéré sur fond de dumping fiscal et social. Parallèlement, les sociétés civiles ont été considérées comme de simples variables d’ajustement dans la crise, sans pouvoir d’agir, sans lieux de réappropriation ou de renégociation des politiques décidées à l’échelle de l’UE. Avec l’austérité, le projet fondateur de l’Union est en train de se vider de sa substance. Le risque est évident : une paupérisation intra-européenne, le retour des inégalités et la poussée des nationalismes. Sans basculer dans la guerre, l’Europe risque de s’empêtrer dans la crise.  

Le conflit armé colombien comme processus socio-historique

Qu’en est-il en Colombie ? Avec le processus de paix de La Havane, ce pays est très certainement en train d’écrire une étape-clé de son histoire . La cessation des hostilités, s’il aboutit, permettrait d’ouvrir une période nouvelle. Au-delà du fait qu’il a réhabilité la notion de conflit armé et ouvert la voie à sa résolution, ce processus a permis d’engager la discussion sur une base relativement large .

Il s’agit cependant d’un processus de négociation entre acteur armés : gouvernement et FARC sont, à ce stade, les seules parties prenantes du processus en raison du fait qu’ils disposent, chacun, d’une structure militaire « officielle ». Théoriquement démobilisés depuis la loi Justice et Paix (2005), requalifiés depuis quelques années de bacrim (bandas criminales), les paramilitaires ne sont pas partie prenante de la démarche . Or leur implication dans les crimes de masse est avérée. La justice civile doit donc exiger que leurs responsabilités  soit analysées et sanctionnées au terme du processus de paix, à l’instar des autres acteurs armés.

Certes, la cessation définitive des hostilités aurait un effet important sur l’ensemble des acteurs armés : celle de délégitimer le recours à la violence des armes, au motif que celle-ci n’est plus nécessaire puisque le conflit serait achevé. Outre le fait que cette délégitimation reste fragile – elle pourrait ne pas peser très lourd si un nouveau cycle de violence embrasait le pays –, elle ne permet pas de s’attaquer aux racines du conflit armé.

Le renouvellement des structures paramilitaires qui a eu lieu ces dernières années, ainsi que le contrôle économique et politique que ces structures opèrent sur des régions entières, doivent être resitués dans une perspective plus large : ils soulignent le rôle de l’Etat dans la fragmentation de la société, celui-ci ayant de facto confié une partie de ses prérogatives à des acteurs illégitimes. Ce processus repose à son tour sur des stratégies de contrôle violent des populations civiles, principalement dans les zones riches en ressource naturelles.

On pourrait en dire de même des FARC et de l’armée : tant que les racines structurelles du conflit armé ne sont pas démasquées, ces deux acteurs sont susceptibles de maintenir des stratégies de recrutement axées sur la reproduction de schémas belliqueux et la polarisation de la population, sur fond d’inégalités persistantes. Chez les jeunes en particulier, la pauvreté endémique est le terrain le plus sûr pour que se perpétuent les carrières professionnelles liées à l’usage des armes.

La fragmentation dérive du conflit armé, mais a des origines plus profondes. Elle renvoie, nous l’avons dit, à l’impossibilité d’instituer la solidarité de façon durable. Une telle solidarité suppose une politique massive de redistribution des richesses. Jusqu’ici, celle-ci n’a jamais vraiment eu lieu. Elle exige également la formation d’une conscience de soi qui, au-delà des appartenances culturelles ou sociales immédiates, soit en mesure de se définir dans ses liens avec les autres, y compris ses possibles adversaires. C’est dans cette difficulté, voire dans cette impossibilité, qu’il faut trouver l’un  des points névralgiques à l’origine du conflit armé.

Cette situation remonte au XIXe siècle : pays multiculturels, marqués par les séquelles des guerres d’indépendance, les pays latino-américains reposent, pour l’essentiel, sur une économie agraire. Ils ne connaissent pas le mouvement ouvrier qui recompose l’Europe industrielle à la même époque.  Dans la diversité même de sa structure sociologique, le mouvement ouvrier bouleverse la conception libérale de la politique, mais ouvre aussi sur une nouvelle appréhension de l’universel. A travers lui, c’est la condition sociale faite à la majorité de la population dont il est question. Ce processus repose également sur un travail d’homogénéisation des intérêts et des cultures populaires, qui va permettre au mouvement ouvrier d’apparaître comme le sujet politique central de la période industrielle, avant et après les deux conflits mondiaux.

La trajectoire de la Colombie est différente : elle superpose une tradition belliqueuse jamais vraiment stabilisée et un multiculturalisme profond, dont les racines sont multiples. A dater de 1948, qui marque le  début de La Violencia, le pays plonge dans le conflit violent entre libéraux et conservateurs. Cela débouche  sur une scission entre élites et population, matérialisée par le Frente Nacional. A partir des années 60, les principaux acteurs du conflit armé se mettent en place. Moyennant des mutations d’identité et de stratégie, ce sont eux dont il est encore question aujourd’hui : FARC (1964), ELN (1965), groupes paramilitaires (1968).

Il importe pourtant de ne pas réduire cette période à une vision purement militarisée du conflit. Celui-ci plonge ses racines dans une série de conflits sociaux : conflits socio-économiques, mais aussi agraires, raciaux, de genre, etc. Cette superposition des conflits, qui forme le noyau de la fragmentation sociale, déborde le cadre du conflit armé. Sa reproduction est liée aux conditions actuelles de la globalisation économique et à l’identité politique interne du pays.

1. Quoique très inégalitaire, la Colombie est, depuis près de deux décennies, entré de plein pied dans la division internationale du travail. Via une spécialisation croissante de ses productions, une « reprimarisation » de son économie et l’installation de méga-projets industriels, elle fait figure d’acteur régional important, dans ses échanges avec l’UE et les Etats-Unis . Ce développement est allé de pair avec l’assassinat systématique des syndicalistes mais aussi, ce que l’on sait moins, avec une diminution constante des conventions collectives . Au plan sociologique, l’affrontement entre représentants du travail et du capital reste lié à une vision guerrière, laissant des séquelles extrêmement profondes dans le monde du travail. Or la prochaine mise en œuvre du Traité de libre-échange UE-Colombie/Pérou ne fait rien pour résoudre cette situation : il l’empire au contraire, en raisonnant comme si le coût humain de la mondialisation était secondaire, voire inexistant, au regard des succès apparents de l’économie nationale.

2. A cela s’ajoute une scène politique multiple, mais fragmentaire elle aussi. Le multiculturalisme – confirmé par la Constitution de 1991 –,  est ancré dans la vie culturelle et politique colombienne, mais il a pour toile de fond un nationalisme autoritaire, très éloigné des aspirations de la grande majorité de la population à la paix et au bien-être. Entre les deux, la Colombie n’est pas parvenu à mettre en place un processus d’articulation entre ses différentes composantes politiques.

La scène politique colombienne se caractérise par différents aspects : des identités locales très fortes ; des revendications séparées, émanant d’une série d’acteurs économiques ou culturels (paysans, syndicalistes, indigènes, afro-colombiens, etc.) ;  une coupure entre villes et campagnes, mais aussi entre partis et dynamiques issues de la société civile. Ainsi, le recrutement du Polo Democratico Alternativo, parti de la gauche démocratique colombienne, est demeuré très élitiste, sans éviter les scissions internes. Son lien avec le mouvement social demeure problématique, en particulier avec le monde paysan. Cible directe des acteurs armés, criminalisé par l’appareil d’Etat, le mouvement social s’est maintenu au prix d’un engagement qui force l’admiration ; mais il n’a pu s’opposer à de telles forces centrifuges.

C’est enfin du côté des mouvements de victimes que la fragmentation a produit ses effets délétères : issues du conflit armé et attisées par le pouvoir, les divisions entre victimes ont hanté la politique colombienne ces dernières années.

Voilà pourquoi, au même titre qu’une politique massive de redistribution, la solidarité passe par la reconstruction d’une conscience de soi capable de faire entendre la voix de la société civile dans sa condition même : au-delà des intérêts et valeurs de tel ou tel acteur, c’est la condition générale faite à la société colombienne qui doit figurer au centre du processus de paix.  

Penser « le commun »

En Europe comme en Colombie, il serait vain de croire que la paix doit être pensée de façon isolée ou, pire encore, qu’elle réclame l’unité nationale, au sens d’un gouvernement exigeant l’union de tous au service de la Nation.  

L’Europe est entrée dans une phase post-nationale, qui est irréversible. Le nationalisme colombien a trop longtemps servi de paravent à une pratique autoritaire du pouvoir et à la reproduction des schémas belliqueux.

La paix n’existe pas sans la solidarité. A l’heure où de sociétés ouvertes et globalisées, la solidarité n’est pas l’homogénéité. Elle suppose un travail de la société sur elle-même, capable d’affronter les potentialités mais aussi les risques de la modernité avancée.

Avec le développement du capitalisme, du pluralisme et de la complexité, Durkheim nommait ce défi « division sociale » ou « division du travail ». Lorsque la division ne parvient pas à être régulée par la solidarité, elle bascule dans la fragmentation, laquelle peut reproduire la violence armée (Colombie) ou fabriquer le ressentiment de masse (Europe).  Contenue et compensée par la solidarité, la division peut se muer en pluralité. La pluralité est le visage de la société lorsque les mouvements centrifuges de la modernité sont relayés par l’institution de la solidarité.

Pour Arendt, ce renversement de perspective passe par la formation du « sens commun ». Le sens commun est l’expression politique de l’être-ensemble. Dans les sociétés démocratiques, il désigne l’effort que font des individus uniques pour entrer en communication, sortir de leurs particularismes, se reconnaître comme parties prenantes d’une même communauté politique.  Par-là, écrit-elle, « les hommes font voir qui ils sont » : ils débordent le cadre de leur identité physique pour accéder à un niveau plus profond de réalité – un niveau qui, seul, permet à chacun d’exister en présence des autres (Arendt, 1961, p. 236).  

Logiquement, un tel processus ne peut venir exclusivement d’ « en haut ». Il suppose une articulation renouvelée entre institutions et pratiques sociales.

La Colombie est à un moment crucial de son histoire. De ses institutions, on attend le rétablissement de la justice civile, mais aussi l’engagement volontariste dans une politique de redistribution. De ses pratiques sociales, la capacité à surmonter les fractures identitaires et à tisser de nouveaux liens, de multiples façons.

Des signes positifs se sont multipliés ces derniers temps. Avec le processus de paix, on a vu certains acteurs de la scène politique – à commencer par le président Santos – s’opposer à la dérive uribiste qui a façonné huit années consécutives de politique colombienne. Du côté des mouvements sociaux, de nombreuses initiatives de « mise en commun » se sont développées (La Ruta social común para la paz, El Congreso de los pueblos, etc.). De la conjonction de ces deux sources pourrait surgir une nouvelle conscience collective. Ceci prendra du temps, peut-être deux générations, mais le mouvement est lancé.

Et si c’était cela, la leçon de la Colombie… à l’Europe ?

***

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Bauman, Z. (2008), Modernité et Holocauste, Paris, Complexe  [1989].
Durkheim, E. (1994), De la division du travail social, Paris, PUF [1891].
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